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DEFILE

Bons baisers de Ndjamena

Pathé’O est revenu d’un défilé à Ndjamena au Tchad le 9 décembre 2011. Il a présenté en grande première sa collection 2012 faite de tenues réalisées dans des matières africaines et très colorée. Son témoignage à chaud sur la mode au Tchad.

. Vous revenez d’un défilé à Ndjamena au Tchad. Quelle est la particularité du pays côté vestimentaire ?

  • Le Tchad est un pays très musulman. La religion liée à la tradition fait que le style vestimentaire des Tchadiens est très sobre. Les gens portent long et les formes sont moins rétrécies. Ils sont dans la fluidité.  Donc, la mode reste orientée vers la religion. Sans être totalement voilée, de nombreuses Tchadiennes se couvrent la tête de foulards. En 2004, quand je suis allé à Ndjamena pour la première fois, pour avoir un mannequin, c’était tout un problème. En 2010 à mon deuxième voyage, ça avait beaucoup évolué. Cette année, ça a complètement explosé. Il y a un déclic et on sent qu’il y a eu un vent de liberté vestimentaire. Ce n’est plus le côté fermé comme avant. Les gens sont ouverts. J’ai fait porter des robes très courtes et des ensembles près du corps et ça n’a choqué personne. Mais j’avais des habits longs qui sont leur style vestimentaire. De toute façon, le court n’est pas africain. La mode est ce qu’on peut porter et qui colle à votre corps. En conclusion, je dirai qu’il y a eu une évolution énorme dans le style d’habillement des Tchadiens.

. Y avait-il des mannequins tchadiens dans le défilé ?

  • Oui évidemment ! Cette année, pendant le casting, on s’est retrouvé avec plus de 70 mannequins. La majorité était tchadienne avec quelques Camerounaises. Je suis parti d’Abidjan avec Flora, un mannequin de chez moi. A mon avis, c’était la vedette car elle est d’Abidjan et a participé à pas mal de grands défilés. Ce qui lui donnait une certaine aisance sur le podium. Pour le Tchad, on sent que le besoin est là et la jeune fille veut maintenant s’habiller comme elle veut. Seulement il ne faut pas se dénuder. Il faut rester sobre mais moderne.

. Quel l’engouement des populations pour le défilé Pathé’O ?

  • On ne va pas dire que la mode est quelque chose de nouveau. Mais certains Tchadiens viennent au défilé par curiosité et d’autres parce que ça leur manque alors qu’ils en ont envie. C’est l’occasion pour eux de voir autre chose que ce qu’ils ont l’habitude de voir. Et comme à la télévision nationale, on avait présenté quelques modèles, cela a poussé les gens à venir au spectacle de telle sorte qu’il n’y avait plus de plus de place. L’aire du dîner gala s’est trouvée très exigüe. Je dis comme ça merci à l’organisatrice principale qui s’appelle Léonie Solkem. Cela fait la deuxième fois qu’elle nous invite. Organiser un défilé dans un pays comme le Tchad n’est pas très aisé. Mais elle arrive à s’en sortir par le sérieux qu’elle met dans ce qu’elle fait. Et ça a été une grande fête.

. Et qu’est-ce que vous avez présenté ?

  • Comme toujours, je suis resté dans la collection Sahel Plus tout en variant les lignes. Cette collection convient beaucoup aux Tchadiens. J’ai fait dans les longueurs mais c’était des boubous modernes. Ensuite, il y avait des tuniques et des pantalons style maison Pathé’O que les gens ont beaucoup appréciés. J’avais osé présenter des robes très très courtes. Au départ, je croyais qu’on n’allait pas accepter et au finish, c’est ce que les gens ont beaucoup plus adoré. Comme d’habitude, je bosse toujours dans du pagne tissé, du batik, du voile teinté… En gros, on est resté dans la tradition de la maison Pathé’O tout en demeurant très moderne. Il y avait beaucoup de couleurs à l’image de l’Afrique elle-même. Les couleurs égaient.

. Il y avait aussi la formation dans le voyage de Ndjamena

  • Effectivement, j’ai formé des jeunes créateurs pendants trois jours. Tous les couturiers sont venus à la formation. On a eu des séances de travail où on a parlé entre nous car les jeunes ont surtout besoin des idées. Il faut enlever dans la tête des gens l’éternelle question : « on ne nous aide pas. Ici on ne fait rien pour nous.  On est seuls à nous battre. » Ils ne savent pas qu’en Côte d’Ivoire et partout ailleurs, c’est pareil. Il ne faut pas attendre que quelqu’un vienne nous aider car ça ne viendra jamais. C’est nous-mêmes qui devons nous battre. Il faut qu’on s’organise et qu’on forme les jeunes. Après on doit avoir le courage de travailler et de vivre de notre métier.

. Des projets sur Ndjamena ?

  • Bientôt, on va y monter une boutique Pathé’O. En général, la marque Pathé’O passe bien en Afrique centrale. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous essayons de nous implanter là-bas en présentant des défilés dans cette zone de l’Afrique. Il faut toujours aller vers les gens pour leur montrer que l’Afrique a quand même quelque chose d’acceptable et qui n’a rien à envier à ce qui se passe dans les autres continents.

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Omar Tani
omar_tani@yahoo.fr

 

 

 
 

 
 
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   

 

 
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