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Confrontés à un marché intérieur où les défilés sont
de plus en plus rares, les couturiers ivoiriens
tentent souvent de valoriser leur talent ailleurs.
C’est notamment le cas de Pathé’O, l’un des doyens
de la mode ivoirienne. Lui, c’est un véritable
globe-trotter. Outre ses boutiques qui sont
installées dans plusieurs capitales africaines, le
couturier est toujours entre deux avions pour vendre
ses modèles. Pendant le mois de Décembre, Pathé’O
était à Niamey pour le FIMA d’Alphadi, à Dakar pour
“Sierra Vision” de Colé Sow Ardo avant de terminer
l’année en beauté à Luanda, la capitale angolaise
par un défilé le 28 Décembre à l’initiative de la
journaliste Guida Paulo propriétaire de la boutique
“Africhic”. Au pays du Président Edouardo Dos
Santos, le styliste ivoirien a été plus que surpris.
D’abord par le fait que sa griffe n’est pas inconnue
sur ce territoire. Ensuite, le couturier a trouvé
que Luanda reste la capitale ou les populations
s’habillent quasiment européen. “L’Angola est un
pays très occidentalisé. Les gens portent rarement
les vêtements africains. Cela est dû à la guerre et
à la colonisation. La mode africaine a un intérêt
dans ce pays” déclare Pathé’O. C’est donc sur des
terres à conquérir que Pathé’O a présenté ses
créations le 28 Décembre au chic espace Ciné
Tropical de Luanda. Et là, on peut dire que le
“Ciseaux d’Or” 1987 a réussi sa mission. “Les gens
ont apprécié mes tenues. Dans la salle, il y avait
un véritable engoument pour mes modèles”
raconte-t-il. Portés par une quinzaine de mannequins
dont miss Angola, les vêtements de Pathé’O ont
littéralement séduit les convives de Ciné Tropical
au cour du défilé. Pour cette fête de la beauté dont
il était l’invité principal, l’habilleur de Mandela
a voyagé avec plus de 90 modèles de sa collection
Sahel. Après le défilé où Pathé’O estime avoir bien
vendu la mode ivoirienne, il a donné plusieurs
interviewes à la télé et à la radio. Il a même
participé à un débat télévisé sur l’africanité et
ses propos ont été objet d’un micro-trottoir à
Luanda. Au cours de ces interviewes, on lui
demandait sans cesse si l’homme ordinaire pouvait
porter la griffe Pathé’O. Cela est dû au fait qu’en
Angola, Pathé’O est considéré comme un couturier qui
habille les présidents et les stars. Dans sa
parution du 30 Décembre 2003, le quotidien angolais,
“Jornal de Angola” a consacré deux pages à la soirée
du 28 et à Pathé’O. En somme, le séjour angolais de
Pathé’O a été très enrichissant. «Dans ce pays où
les Africains ont presque perdu leur culture, il y a
un potentiel marché de la mode à prendre. Et avec la
fin de la guerre, l’Angola présente de bonnes
perspectives qui encouragent. Il ne va pas tarder à
être la prochaine destination des couturiers
ivoiriens” avance Pathé’O.
Par Omar Abdel Kader
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